Revue de Presse
Alice Riehl
ACCUEIL > Présentation > Expositions > Galerie > Parcours > Revue de Presse > Liens > Contact

  > La Revue de la Céramique et du Verre N°156 Septembre-Octobre 2007

  > Maison Créative, N°40, août-septembre 2007

  > JOYCE (Espagne) - Mai 2007

  > Elle Décoration N° 162 Avril 2007

  > Ateliers d’Art N° 68 Mars-avril 2007

  > C Déco, N°23, Janvier & Février 2007

  > Maisons et décors Méditerranée, N°197, Décembre 2006-Janvier 2007


  Elle Décoration N° 162 Avril 2007

Textes Olivier de Vleeschouwer


Alice Riehl La Dentellière de porcelaine Mariant dentelles anciennes et porcelaine satinée, Alice Riehl crée des objets-sculptures élégants, fragiles et étonnants.


Alice Riehl
« Mes pièces sont un hommage aux aiguilles virtuoses » explique Alice Riehl.
Réalisées à partir de dentelles et tissus imprimés dans la porcelaine, elles ont la beauté envoûtante de certains squelettes marins échoués sur le sable ou la délicatesse poétique d’une feuille d’érable perforée par la pluie. Etrange, le travail de la jeune céramiste en appelle aux ouvrages de dame comme vecteurs d’une mémoire ancienne à partager.

Napperons, chemins de table et autres broderies donnent à la terre sa fragile ossature par la technique du trempage. Captivé par ces chrysalides à la pureté hypnotique, l’œil voudrait qu’on lui dise si c’est grand ou petit. Sans doute ne s’appelle-t-on pas Alice par hasard. Après des études commerciales, quelques années pas très heureuses en entreprise, Alice Riehl a découvert que son bonheur était ailleurs. Deux ans de formation à l’Institut de céramique de Sèvres lui ont permis d’exposer ses premières œuvres en 2006. Depuis les propositions se multiplient.

Alice Riehl



  Ateliers d’Art N° 68 Mars-avril 2007

Crédits : Textes Pascale Nobécourt, Photos Raphaël Rinaldi


Alice Riehl

A Clapiers dans l’Hérault, la céramiste Alice Riehl marie, telle une magicienne, terre et guipures. Mi-végétaux, mi-fossiles, ses créations imaginaires déclinent un univers empreint de poésie.




Elle a essayé tous les costumes de la parfaite « cadrette » : force de vente sur les routes pour vanter Pernod-Ricard, chef de produit pâte à tarte chez Herta, développement de contenus « charme et horoscope » pour une start up du web… Son envie permanente de changer de jobs a fini par la conduire à une réflexion de fond. Le col amidonné de la hiérarchie serrait un peu trop le cou de son indépendance et le mensonge compétitif pour perfectionner l’abêtissement des masses grattait les épaules de son sens moral. Se souvenant à temps qu’elle a toujours aimé « bidouiller des choses », Alice Riehl demande un congé de formation et débarque un beau matin à l’Institut de Céramique Française à Sèvres découvert sur internet. « Je connaissais à peine le matériau, mais je me suis vite aperçue que je ne m’étais pas trompée ». Elle profite pendant un an du panorama complet des techniques qu’offre cette formation disparue aujourd’hui. Carole Chebron, artiste et enseignante à l’ICF, lui fait entrevoir les possibilités du trempage et de l’estampage. Tout de suite confrontée à la porcelaine, Alice Riehl choisit d’apprivoiser cette terre dont elle apprécie la pureté et la finesse du grain.

Un fil conducteur auquel elle s’accroche pour ne pas se perdre dans l’immensité des possibles offerts par la céramique. Deux ans après avoir installé son four électrique dans un village près de Montpellier, Alice Riehl présente pour la première fois des pièces à Bandol, au printemps 2006. Elle s’est depuis efforcée de participer à une manifestation par mois, Court-Circuit à Paris, marchés à Aix-en-Provence, Saint-Quentin-la-Poterie, Anduze et Vallauris – où elle était parrainée par Pierre Dutertre -, Biennale de Langeais, Céramique 14, Nîmagine -1er prix du Salon-, vente « Terres généreuses » organisée par la Galerie Anagama, et enfin, première exposition personnelle chez Paul Matheron-Tourre à Manosque. Ce rythme soutenu a permis aux amateurs d’identifier rapidement son travail. Ses cocons de dentelles cousues puis pétrifiées dans la porcelaine rendent hommage aux ouvrages anonymes d’une pratique méconnue, souvent méprisée, réservée aux femmes. « Pour moi c’est un univers très familier ; ma mère cousait énormément, mes grands-mères m’ont appris à tricoter ».

Curieusement ces volumes aériens, extrêmement féminins, rassurants parce que fermés sur un vide où chacun peut glisser ses propres souvenirs, sont surtout acquis par des hommes. Une même légèreté fluide anime le mouvement des récentes « vasques jupons », obtenues par trempage et estampage. Baptisées Coquilles, elles sont nées de l’idée d’une crinoline renversée. Quant aux « Pièces à ailes », troisième axe de ses recherches, elles déploient leurs pétales de porcelaine ou de grès pâle, associant dans leur souplesse la couture et le végétal. Son expérience dans le Sud lui a permis de se rendre compte qu’elle était très urbaine. Aujourd’hui, Alice Riehl retrouve avec un plaisir enthousiaste l’animation parisienne. Elle s’apprête à investir un nouvel atelier sur rue dans le 20e. A 36 ans, elle aurait pu se retrouver coincée dans le destin d’une jeune femme de bonne famille. Avec un sourire éclatant de fraîcheur, elle avoue son bonheur d’avoir trouvé, avec le monde céramique, un pays des merveilles où personne n’est contraint de remplir un rôle.
Alice Riehl English version - © Copyright aliceriehl.com - Tous droits réservés / All rights reserved.